La résistance aux antibiotiques est un phénomène préoccupant, car les antibiotiques sont indispensables pour lutter contre – ou prévenir – de nombreuses infections d’origine bactérienne. Les antibiotiques constituent un pilier de la médecine moderne :
La résistance aux antibiotiques rend le traitement des infections bactériennes plus long, voire parfois impossible. Elle peut être à l'origine de décès, d'hospitalisations prolongées et d'une augmentation des coûts pour le système de santé. À l'échelle mondiale, de plus en plus de bactéries développent une résistance à l'action de certains antibiotiques. En Suisse, ANRESIS suit l'évolution de la situation et publie régulièrement les dernières tendances.
Les personnes revenant de l'étranger peuvent être porteuses de bactéries résistantes aux antibiotiques, notamment si elles ont été hospitalisées pendant leur séjour. Si elles sont admises dans un hôpital ou une clinique privée dans les 12 mois suivant leur retour, elles doivent signaler au personnel médical qu'elles ont été hospitalisées à l'étranger. La détection précoce des bactéries résistantes permet de limiter leur propagation et facilite les traitements médicaux.
La résistance aux antibiotiques ne concernant pas uniquement la médecine humaine, mais aussi la médecine vétérinaire, l’agriculture et l’environnement, le Conseil fédéral a adopté la stratégie globale de lutte contre la résistance aux antibiotiques (StAR). Cette stratégie définit des mesures dans huit domaines d’action stratégiques : surveillance, prévention, utilisation appropriée des antibiotiques, lutte contre la résistance, recherche et développement, coopération, information et éducation, et conditions-cadres.
Les antibiotiques sont des médicaments (délivrés sur ordonnance) utilisés pour traiter les infections bactériennes. C’est le médecin traitant, en concertation avec le·la patient·e, qui décide s’il est nécessaire de traiter une infection ou non, en tenant compte des symptômes et des résultats d’analyses. Toutes les infections bactériennes ne nécessitent pas un traitement antibiotique. Certaines infections des voies urinaires ou de l’oreille sont facilement éliminées par le système immunitaire, sans l’aide d’antibiotiques. Si des antibiotiques vous ont été prescrits, respectez la posologie et la durée du traitement indiquées et ne sautez aucune prise. Ne partagez pas vos antibiotiques avec d’autres personnes et rapportez les boîtes entamées.
Utilisez-les à bon escient, respectez scrupuleusement la posologie
Les antibiotiques sont des médicaments (délivrés sur ordonnance) qui détruisent les bactéries ou les empêchent de se multiplier. Ils sont inefficaces contre les maladies virales (par exemple, le rhume, la grippe, la plupart des formes de gastro-entérite), les mycoses ou les infections parasitaires (telles que le paludisme).
Les antibiotiques sont inefficaces contre la grippe ou le rhume, qui sont causés par des virus. La prise d'antibiotiques dans ces situations est non seulement inutile, mais aussi potentiellement dangereuse en raison des effets secondaires qu'elle peut entraîner et parce qu'elle augmente le risque d'apparition de bactéries résistantes, qui peuvent ensuite être transmises à d'autres personnes.
Un antibiotique est une arme qui perd de son efficacité à chaque fois qu'on l'utilise. C'est pourquoi il est si important d'éviter d'y avoir recours lorsque ce n'est pas nécessaire. Chaque fois qu'on utilise un antibiotique, un petit nombre de bactéries résistantes survivent, puis se développent et se multiplient, car elles sont les seules à pouvoir le faire.
Les antibiotiques peuvent entraîner des effets indésirables. Les plus courants sont les troubles digestifs, la diarrhée, les nausées, les éruptions cutanées ou les troubles rénaux. La présence et l'intensité de ces effets varient considérablement d'une personne à l'autre. Elles dépendent également du type d'antibiotique utilisé et de tout autre médicament ou substance – y compris l'alcool – que la personne pourrait prendre.
Ce ne sont pas les personnes qui développent une résistance aux antibiotiques, mais uniquement les bactéries. Ces bactéries résistantes peuvent alors se multiplier, se transmettre d'une personne à l'autre et rendre le traitement plus difficile, plus long, voire impossible dans certains cas.
La résistance aux antibiotiques est un phénomène naturel qui existe depuis des millions d’années. En effet, les bactéries et les champignons produisent naturellement des antibiotiques, soit pour se protéger, soit pour lutter les uns contre les autres. Les premiers antibiotiques utilisés en médecine, dont la pénicilline, ont été extraits de champignons. En utilisant de grandes quantités de ces substances dans les soins de santé humaine et animale depuis le milieu des années 1940, nous avons considérablement amplifié un processus naturel : chaque fois qu’un antibiotique est utilisé, les bactéries résistantes se multiplient et prospèrent, car elles sont les seules à pouvoir le faire dans ces circonstances particulières.
Les antibiotiques sont nécessaires pour prévenir ou traiter les infections liées à une intervention chirurgicale, ou pour traiter les complications entraînant l'hospitalisation du patient.
Les antibiotiques sont fréquemment utilisés pour prévenir les infections chez les patients atteints d'un cancer après une chimiothérapie. Ils peuvent également contribuer à traiter les complications liées à certaines affections courantes, telles que les ulcères du pied dus au diabète.
Le nombre d'infections cutanées et d'autres infections causées par le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM) a diminué de deux tiers depuis 2004, grâce à un meilleur dépistage et à un traitement rapide des patients infectés dans les hôpitaux.
En Suisse, l'ordonnance fédérale sur les médicaments vétérinaires interdit depuis 1999 l'utilisation d'antibiotiques à des fins de stimulation de la croissance dans l'élevage. Une interdiction similaire est entrée en vigueur dans l'Union européenne en 2006.
Source : Stratégie sur la résistance aux antibiotiques (StAR), Office fédéral de la santé publique (OFSP). Photos : Communication in Science / OFSP.